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LA VILLE         POUSSIÈRE

Une série de photographie sur le perpétuel inachèvement du monde

      La ville de Montes Claros est représentée dans une série de 45 photographies documentaires intitulée La Ville Poussière. Cette ville située au nord de l'état de Minas Gerais au Brésil est composée par le biome Cerrado (la savane brésilienne), un macro-système unique et très riche en biodiversité qui est aujourd'hui menacé par des saisons de sécheresse, des inondations, la déforestation, la pollution de l'eau, et le tarissement des sources. Conséquences dues à l'expansion des villes, des activités agro-industrielles, de la croissance urbaine et de la diminutions des espaces ruraux.

À travers ce travail photographique, je présente ici mon premier regard sur ce territoire et soulève mon inquiétude face au processus de désertification en marche.

      A cidade de Montes Claros está representada em uma série de 48 fotografias documentais intituladas La Ville Poussière (A Cidade Poeira). Esta cidade localizada no norte de Minas Gerais, no Brasil, é composta pelo bioma Cerrado (savana brasileira), um macrossistema exclusivo e rico em biodiversidade, hoje ameaçado pelas estações da seca, inundações, desmatamento, poluição da água e secagem de nascentes. Consequências devido à expansão das cidades, das atividades agroindustriais, do crescimento urbano e da diminuição das áreas rurais.

 

Através deste trabalho fotográfico, apresento aqui meu primeiro olhar para este território e levanto minha preocupação com o processo de desertificação em andamento.

      The city of Montes Claros is represented in a series of 48 documentary photographs entitled La Ville Poussière (The Dust City). This city is located in the north of the state of Minas Gerais in Brazil and is made up of the Cerrado biome (the Brazilian savannah), a unique macro-system very rich in biodiversity which is today threatened by dry seasons, floods, deforestation, water pollution, and drying up of springs. Consequences due to the expansion of cities, agro-industrial activities, urban growth and the decrease of rural areas.

 

Through this photographic work, I present here my first look at this territory and raise my concern about the process of desertification in progress.

"Quand j'ai vu le résultat de ce travail j'ai eu la sensation d'avoir été projeté dans une vision du future qui aurait eu lieu le passé."

- Guillaume.

Constructions inachevées,

Minas Gerais, Brésil

2014

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La désolation de  la Ville Poussière

La réflexion principale que soulève l'ensemble de cette série c'est son contexte espace et temps, qui semble avoir été altéré par l'intervention du photographe :

"Quand j'ai vu le résultat de ce travail j'ai eu la sensation d'avoir été projeté dans une vision du futur qui aurait eu lieu dans le passé. Plus je les regarde, plus je me rends compte à quel point ces photographies sont difficilement situables dans leur chronologie, elles révèlent des espaces fragmentés dans leur évolution vers des états de détérioration progressive. Mais le passé et le futur se juxtapose ici, ils décrivent à la fois le passage du temps, son figement et son perpétuel inachèvement." - Guillaume.

Matériaux juxtaposés, peinture écaillée, rues semi-désertes, routes recouvertes de poussière, des édifices figés dans leur travaux, la végétation qui reprend le dessus, la désolation provoquée par la sécheresse, comme si nous avions ici, un ensemble de condition réuni qui permettrait d'avoir les vues sur un monde abandonné, inoccupé par ses habitants, un "fragment" suspendu dans une atmosphère interminable de décrépitude qui ne prendra jamais fin.

"Les idées et les sentiments qui surviennent lorsque nous regardons la Ville Poussière est ce qui remet le plus en question mon jugement par rapport à la réalité. Je repense mon rapport au réel et je questionne sa nature, comme par exemple sa mutabilité constante et son impermanance qui sont des thèmes récurents dans mon parcours photo-graphiques (Phénomène, Vestiges, Les Yeux de la Terre)." - Guillaume

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Frontières,

Minas Gerais, Brésil

2014

A desolação da "Cidade Poeira"

 

A principal reflexão levantada por toda essa série é seu contexto de espaço e tempo, que parece ter sido alterado pela intervenção do fotógrafo:

 

"Quando vi o resultado desse trabalho, tive a sensação de ter sido projetada em uma visão do futuro que ocorreria no passado. Quanto mais eu os olho, mais percebo o quanto essas fotografias são difíceis de localizar em sua cronologia, revelam espaços fragmentados em sua evolução em direção a estados de deterioração progressiva. Mas o passado e o futuro são justapostos aqui, descrevem ao mesmo tempo a passagem do tempo, seu congelamento e sua incompleta perpétua ". Guillaume.

 

Materiais justapostos, tinta lascada, ruas semi-desertas, estradas cobertas de poeira, edifícios congelados em seu trabalho, a vegetação que assume, a desolação causada pela seca, como se tivéssemos aqui, um conjunto de condições que permitiriam ter vistas de um mundo abandonado, desocupado por seus habitantes, um "fragmento" suspenso em uma atmosfera interminável de decrepitude que nunca terminará.

 

"As idéias e sentimentos que surgem quando olhamos para a Cidade do Pó são o que mais questiona meu julgamento em relação à realidade. Repenso meu relacionamento com a realidade e questiono sua natureza, como sua constante mutabilidade e sua impermanência que são temas recorrentes em minha jornada fotográfica (Fenômeno, Vestígios, Olhos da Terra). " - Guillaume

The desolation of  "The Dust City"

The main reflection raised by this whole series is its space and time context, which seems to have been altered by the photographer's intervention:

"When I saw the result of this work I had the feeling of having been projected into a vision of the future that would have taken place in the past. The more I look at them, the more I realize how much these photographs are difficult to locate in their chronology, they reveal fragmented spaces in their evolution towards states of progressive deterioration. But the past and the future are juxtaposed here, they describe at the same time the passage of time, its freezing and its perpetual incompletion. " - Guillaume.

 

Juxtaposed materials, chipped paint, semi-deserted streets, roads covered with dust, buildings frozen in their work, the vegetation that takes over, the desolation caused by drought, as if we had here, a set of conditions that would allow to have the sights on an abandoned world, unoccupied by its inhabitants, a "fragment" suspended in an interminable atmosphere of decrepitude which will never end.

 

"The ideas and feelings that arise when we look at the Dust City is what most questions my judgment in relation to reality. I rethink my relationship to reality and I question its nature, such as its constant mutability and its impermanence which are recurring themes in my photographic journey (Phenomenon, Vestiges, Eyes of the Earth). " - Guillaume

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Frontières,

Minas Gerais, Brésil

2014

"La société contemporaine est faite de ruptures. La grande vitesse de changements est impossible à concrétiser en temps réel, et engendre un décalage, un intervalle. Le désordre apparent peut être le résultat d’un ordre qui change trop vite et le déséquilibre celui d’un équilibre dynamique. Ce désordre se résume à un ordre temporel qui fait écho à des changements continus, à l’infini et la discontinuité dans une continuité d’intervalles. À travers un mouvement constant, la fin reste indéterminée. L’inachevé s’impose, l’ordre est incomplet et changeant. C’est pour cela que la topologie nous semble une manière pertinente d’opérer avec cette fragmentation et avec le désordre de notre environnement.

Le mouvement en puissance vers l’achèvement ou quelque chose d’autre, l’incertitude d’un avenir et la suggestion de nombreuses possibilités de prolongement. L’inachevé incite à l’exploration, à la découverte."

Essais pour une esthétique urbaine, par

https://oxymoronstudio.wordpress.com/

Au-delà des murs,

Minas Gerais, Brésil

2014

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"Aqui tudo parece Que era ainda construção E já é ruína."

    - Fora da Ordem de Caetano Veloso

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Frontières,

Minas Gerais, Brésil

2014

Carnet de voyage, 16 Octobre 2014:

"J’ai commencé à photographier deux semaines après être arrivé. J’ai adapté mon appareil photo à la nouvelle luminosité et je suis sorti me promener dans le quartier. En général, j’avais plutôt l’habitude de photographier des paysages nocturnes, ennuagés, et assez mélancoliques dans l’ensemble, ce qui offrait une palette de couleurs allant du bleu glacial au brume foncé (Exposition Phénomène). Mais ici c’était très différent de ma petite ville française, le ciel est toujours très ouvert, révélant un soleil perçant, la terre est rouge ocre orangée et il fait très chaud. Par moments la sécheresse est si forte qu’elle transforme le paysage en un désert hypnotisant. J’ai vraiment aimé cette sensation de me retrouver dans un endroit qui ressemble à l’opposé de chez moi. On se demande toujours ce que la vie nous réserve, surtout quand on est jeune et finalement comment sortir de la routine et de l’ordinaire du moment, voyager est une grande opportunité pour s’ouvrir à la diversité de cultures/géographies. La photographie comme médium artistique nous invite à rendre compte du réel à questionner notre rapport au monde. En tant qu'adepte de la photographie de lieux abandonnés, j’aime contempler une architecture qui exprime le passage du temps, comme des ruines et des maisons abandonnées. À Montes Claros j’avais un peu cette même impression: la savane sèche mélangée à des débris de constructions et la vue sur des bâtiments de briques rouges et de ciment, éveillaient en moi un sentiment d’abandon, d’effacement mais encore plus étrange que cela car ces habitations n’avaient encore jamais été habitées."

"Comecei a tirar fotos duas semanas depois de chegar. Adaptei minha câmera à nova luz e saí para passear no bairro. Em geral, costumava tirar fotos de paisagens noturnas, nublado e bastante melancólico, que oferecia uma paleta de cores que variam de azul gelado a névoa escura (Exposição Phénomène), mas aqui era muito diferente da minha pequena cidade francesa, o céu permanece muito aberto, revelando um sol penetrante, a terra é laranja ocre vermelha e faz muito calor. Às vezes a seca é tão forte que transforma a paisagem em um deserto hipnotizante. Eu realmente gostei dessa sensação de estar em um lugar que parece o oposto da minha casa: sempre nos perguntamos o que a vida nos reserva, especialmente quando somos jovens e, finalmente, como sair da rotina e do comum do momento, viajar é uma ótima oportunidade de se abrir para a diversidade de culturas/geografias. De qualquer forma, fotografar, mais do que uma paixão, é uma verdadeira profissão artística que nos proporciona uma imersão dentro de suas idéias filosóficas... Gosto de fotografar lugares abandonados e gosto de contemplar uma arquitetura que expressa a passagem do tempo, como ruínas e casas abandonadas. Em Montes Claros, tive a mesma impressão: a savana seca misturada com entulhos e a vista de edifícios sem janelas, inteiramente feitos de tijolos vermelhos, despertaram em mim uma sensação de abandono, de apagamento, porem mais estranho ainda porque essas habitações nunca haviam sido habitadas."

"I started taking pictures two weeks after I arrived. I adapted my camera to the new light and went for a walk in the neighborhood. In general, I used to take pictures of night landscapes, cloudy and quite melancholy, which offered a palette of colors ranging from icy blue to dark fog (Phénomène Exhibition), but here it was very different from my small French town, the sky remains very open, revealing a penetrating sun, the earth is red ocher orange and it is very hot. Sometimes the drought is so strong that it turns the landscape in a mesmerizing desert. I really liked that feeling of being in a place that seems the opposite of my home: we always ask ourselves what life holds in store, especially when we are young and, finally, how to get out of the routine and the ordinary of the moment, traveling is a great opportunity to open up to the diversity of cultures / geographies. Anyway, photography, more than a passion, is an artistic profession too that provides us with an immersion within its philosophical ideas... I like to photograph abandoned places and I like to contemplate an architecture that expresses the passage of time, such as ruins and abandoned houses. In Montes Claros, I had the same impression: the dry savannah mixed with rubble and the view of buildings without windows, entirely made of red bricks, aroused in me a feeling of abandonment, of extinguishing, but even more strange because these houses had never been inhabited. "

Guillaume Sébadtien Petit,

La Ville Poussière, 2014

 

LA VILLE         POUSSIÈRE

Une série de photographie sur le perpétuel inachèvement du monde

2014

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